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Petit, sec, nerveux, couvert d'une forêt de poils noirs intemporels, sans lumière entre l'un et l'autre, il ressemblait à Haïlé Sélassié, l'empereur d'Ethiopie, mais n'était qu'un des princes du graphisme, un Fellini de l'image sur papier. Malin, cynique (dans le sens moderne du mot) et désespéré. Son inspiration venait d'un passé lointain, des cavernes du Latium, pleines de fumées grisâtres, d'ombres inquiétantes, de hachures... Négation de la mort, affirmation de la vie, de la mémoire. Sensualité. Classicisme morbide et thanatique, paganisme et fantasmagories catholico-romaines, le tout prenant racine dans un humus relativiste. Pas très hygiénique finalement, tout ça, pas très admirable non plus, mais artistiquement, esthétiquement, formidablement intéressant.
Dans les années obscures, "Le Négus" a été très gentil avec mon maître Breccia... Peut-être à cause du "famillisme humoral"?.. Les amis de mes amis risquent fort d'être mes amis.
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