"Dans les bars"


José Muñoz - Carlos Sampayo
Casterman, 2001


   Le dessin de Muñoz, tout d'abord; toujours aussi fort, profond, avec ses aplats de noir et blanc, torturé, mais très lisible à mon sens. Le trait a un peu évolué depuis les premières histoires de "Alack Sinner", il est à la fois tranchant (un peu moins) et "tremblant"-? (un peu plus) je dirais, alliant si l'on veut la dureté (noirceur) et l'émotion (trait proche de Baudoin par exemple..)..

   L'album se compose de 5 chapitres autour (dans) des bars, à Paris ou ailleurs (Espagne, Italie, NY). Mais le bar (comme celui de "Joe" que l'on retrouve à la dernière histoire) n'est qu'un point d'ancrage, un lieu d'atterrissage, un "refuge", d'où partent les histoires ; celles de l'exil, celles de la dureté économique (en Argentine ici), politique (militaires), sociale, etc.. A noter la dernière histoire qui se passe à NY le 11 septembre 2001, dans laquelle nous retrouvons "le Poète" - cf "Le Poète" ed.Amok - devant le WTC.. (je ne vous dévoile pas l'intrigue). Nous appercevons également dans ce dernier chapitre (p.82) Alack Sinner dans le Bar à Joe, consterné.

   Muñoz et Sampayo s'intérogent également dans cette oeuvre sur la création artistique (livres, musique, cinéma, poésie) et sa necessité semble-t-il pour tenter de surmonter ce monde...


F.B.


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