"Les Vacances
de Monsieur Paulot"


Par Paul Carali.
Edition du Zébu, 2002.


  Mort d'une mouche : Les Vacances de Monsieur Paulot sont foutues !

  Paul Carali a eu (beaucoup) de vacances foutues. D'ailleurs rien que d'écrire cet article, je crois que mes vacances du coup aussi sont foutues...Il nous les raconte dans ce dernier album : Les Vacances de Monsieur Paulot au Psikopat (édition du Zébu).
  A chaque kilomètre, un insecte se colle à son pare-brise et ce sont des vacances foutues ! C'est toute la logique de l'album : les vacances foutues, les week-end foutue, un jour de semaine foutu..
  L'enfance à Héliopolis (Egypte), c'est sous les bombes qu'il la vit, mais sans peur, il va même jusqu'à receuillir les éclats pour se fabriquer les siennes qui feront autant de dégats sur le matériel allemand. Paul n'a peur de rien, il n'hésite pas à montrer toute sa détermination, sa colère, il explose très vite et affirme ses idées, ses choix, ses farces, sa création.
  1977 : Carali découvre l'Hypermarché (plus impressionnant que son brave petit épicier en Egypte...), la joie du métro pour le contact humain rapproché, les embouteillages du Périph' de Paris, rien de tout ça ne le dérange ! Il revoit le petit épicier en Egypte.Il vole puis il restitue son vol.Paul aime Paris mais il préfère aussi le calme,sa douce maison de campagne. Il est citadin pour le travail, mais rural dans le fond : pour le calme, la tranquillité, l'air libre.
  Carali veut être comme un oiseau,il prend donc des cours de Parapente, de Deltplane.
  Il voyage souvent, il retourne même dans son pays d'origine, mais Carali est sur la liste noire des déserteurs de l'armée Egyptienne.Entre terre et mer, celà va le stresser au plus haut point à chaque policier-douanier croisé sur le chemin.
  Ses rêves sont aussi des cauchemards, beaucoup d'évènements de sa vie, l'actualité hantent son sommeil.
  Ses rapports conjugaux sont exprimés dans une imagination des plus débordantes : une forme de combat entre monstres, ou autre forme de duel animalier, afin d'amener à la reconscilliation.
  Pour affirmer et soutenir ses "mémoires", Paul Carali incruste des photos de tout ces moments vécus. Souvent il lui arrivera de son tromper dans la façon de se dessiner dès qu'il a vu la photo. Il ne corrigera pas le défaut du personnage.
  Comme dans un film de Tarentino, il navigue d'un souvenir passé au souvenir présent.
  C'est une sorte de journal intime, mais l'ami de Paul ici est le lecteur.
  Il se dessine dans l'isolement, face à la feuille et Paulot dessine son souveniroù il n'est plus tout seul dans son souvenir : les même amis fidèles, sa famille, les poules, les escargots, les oiseaux...
  Un album qui se détache un peu de son oeuvre tout en gardant le même humour, et la même fantaisie qu'on peut lire dans le Psikopat. Carali est Conteur, et sa vie est semée de vacances foutues, de gags en bandes organisés, des disputes, des repas.
  Des vacances foutues, oui , mais sous le signe de la bonne humeur enrobé de l'humour implacable de Carali, avec absurdité et une philosophie des plus rabelesque.


Julien Alles


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